Aujourd’hui, j’aimerais vous raconter une histoire très particulière.
Celle de Tennessee… et de moi.
Une histoire qui a façonné la professionnelle que je suis devenue.
Ma rencontre avec Tennessee
Quand j’ai rencontré Tennessee, elle avait 12 ans.
Moi, j’en avais 21, je sortais de l’équitation « classique », surtout du CSO. Mais enfant, j’avais déjà eu la chance de faire des stages de travail à pied avec Edith Cordey, sa propriétaire.
Quand j’ai voulu reprendre l’équitation plus sérieusement, c’est tout naturellement vers Edith que je me suis tournée :
- Pour apprendre la monte western,
- Pour affiner ma lecture du cheval,
- Et approfondir l’éthologie appliquée.
Après quelques années à leurs côtés, une idée est né:
- Faire quelques concours,
- Partir en randonnée plus loin,
- Et… pourquoi pas envisager un poulain !
Oui mais voilà :
Tennessee refusait de rester dans le van.
Le problème : monter dans le van n’était pas le souci… y rester oui
Avec son ancienne propriétaire, Tennessee voyageait beaucoup. Elle montait dans le van sans aucune hésitation, avec ce regard qui disait presque :
« Tu as vu ? Je connais, pas de souci. »
Mais une fois dedans…
Elle ressortait comme une furie.
Au point d’être dangereuse pour elle-même et pour les humains autour.
Pourtant, Tennessee avait une excellente éducation.
Travail avec Edith, méthodes inspirées de Pat Parelli… tout y était.
Alors pourquoi ce comportement ?
À cette époque, je pensais vaguement me former en comportementalisme équin. Mais c’est vraiment Tennessee qui m’a poussée à aller plus loin.
Comprendre avant d’agir
Je connaissais bien Tennessee, nous avions une relation forte.
Mais je me suis posée les bonnes questions :
- Qu’est-ce qui est important pour elle dans sa vie ?
- Quel est son schéma de fonctionnement ?
- Qu’est-ce qui a déjà été essayé, et comment ?
- Quelles sont ses peurs profondes ?
(Le box, les tracteurs, les camions…)
Parce que oui :
Un cheval est naturellement claustrophobe.
Et Tenesse, elle, était la dominante et la leader de son troupeau, avec un instinct grégaire énorme.
Le van cumulait tout ce qu’elle détestait.
Le travail : étape par étape, sans brûler les étapes
Pendant deux mois, nous avons travaillé sans le van :
Travail sur la claustrophobie
- D’abord dans le manège,
- Puis dans le couloir du box,
- Puis dans le box,
Toujours en respectant son rythme.
Travail sur son instinct grégaire
Pour qu’elle puisse rester seule, sans son troupeau, mais aussi sans moi.
Travail sur ses autres peurs
- Les tracteurs (qu’elle voyait pourtant tous les jours !)
- Les camions
- Les espaces étroits
- Les bruits soudains
Parfois, on travaillait avec un bandeau sur les yeux pour renforcer la confiance…
Oui, j’ai assumé les regards étonnés ! 😄
🐴 e résultat : un van, un voyage… et une pouliche
Après seulement deux mois, Tennessee est remontée dans le van :
une fois, deux fois, trois fois…
Puis plusieurs allers-retours sans problème.
Puis même un séjour chez le vétérinaire.
Et quelques temps plus tard, elle nous a offert une magnifique pouliche :
✨ Nazaré ✨
Ce que Tennessee m’a appris… et ce qui fait ma force aujourd’hui
Cette expérience m’a profondément marquée.
C’est elle qui m’a donné l’envie — et la conviction — de devenir comportementaliste animalier.
Aujourd’hui, que ce soit avec les chiens, les chats ou les chevaux, mon travail ne consiste pas seulement à “éduquer”.
- Je cherche la source du comportement problématique.
- Je questionne, j’analyse, j’observe finement.
- Je crée un plan unique pour chaque binôme humain-animal.
- Et surtout, je vous accompagne pour retrouver l’harmonie.
Je ne dresse pas.
Je ne force pas.
J’explique, je traduis, je répare la relation.
Comme avec Tennessee, chaque histoire mérite d’être comprise avec patience, finesse et créativité.

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